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SCI - international

Histoire du SCI  
Le SCI est la plus ancienne association de chantiers et sa branche française vient de fêter ses 71 ans ! L'histoire du SCI est donc liée à celle de presque tout le vingtième siècle.

Ce riche passé nous renforce dans notre volonté de construire la paix aujourd'hui et demain.

Voici quelques repères historiques fondateurs pour le SCI : “


-> Archives du SCI

Un recueil de témoignages de volontaires de la « première heure » sera bientôt publié en version anglaise et française.

Si vous êtes intéressés, contactez-nous au 01 42 54 62 43 pour pré-commander (la publication n’aura lieu que si un nombre de minimum d’ouvrages sont achetés à l’avance)


Le Service civil international (SCI) organise des projets de volontariat contribuant à la construction de la paix. Il a été fondé en 1920 principalement par l'ingénieur suisse Pierre Ceresole.

Peu après la Première Guerre mondiale a lieu une rencontre de pacifistes chrétiens européens en 1919 à Bilthoven aux Pays-Bas. L'idée émerge de réunir des volontaires de divers pays pour travailler à la reconstruction et à la paix. L'association est créée en 1920 sous le nom Service civil volontaire international.

Le principal fondateur est l'ingénieur suisse Pierre Ceresole (voir sa biographie ci-dessous). Il met sur pied en 1920 un premier chantier de reconstruction à Esnes près de Verdun (France) avec quelques autres pacifistes, dont le quaker anglais Hubert Parris (un des initiateurs de Bilthoven). Ce camp réunit des volontaires anglais, belges, français et allemands afin de contribuer à la réconciliation des peuples qui venaient de s'affronter.

Cette première expérience n’est pas simple mais l’esprit de ce premier chantier se répand rapidement. Les volontaires de ce chantier souhaitent convaincre d’autres personnes qu’œuvrer pour la paix dans un tel cadre peut constituer une véritable alternative au service militaire. Le nombre de volontaires augmente rapidement et ils gagnent également le soutien des populations locales et de certains gouvernements. Le réseau qui se crée alors est appelé Service civil international. La branche française du SCI est créée en 1936, année riche en changements sociaux (Front populaire) et propice à la création d’associations. Elle obtient l’agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports en 1947.

Dans les années 20, le SCI organise de grands projets de volontariat, apportant secours et assistance dans des zones touchées par des inondations ou des avalanches. Lors de la Guerre civile espagnole, de nombreux volontaires du SCI participent à l’évacuation et à l’accueil des réfugiés espagnols. Des membres actifs créent des groupes SCI dans leur propre pays et le réseau SCI s’étend rapidement. Les échanges de volontaires entre l’Europe et l’Asie ainsi qu’entre l’Europe de l’ouest et l’Europe de l’est et l’Afrique du nord sont mis en place. Toutes ces évolutions incitent le SCI à adopter une structure plus formelle.

Dans les années 60, la façon d’organiser les chantiers change. Outre le travail lui-même, les aspects pédagogiques et l’échange international occupent désormais une place importante dans les chantiers. Le mouvement devient également plus engagé politiquement. Dans les années 80, la paix redevient la préoccupation majeure du SCI et la coopération Est-Ouest s’intensifie sous la Guerre froide. Des projets concernant les jeunes, les chômeurs et les questions Nord-Sud prennent également une grande importance dès cette époque et débouchent sur la création de nombreux groupes de travail internationaux, encore actifs aujourd’hui.

Avec le temps, le travail du SCI s’élargit et se tourne vers de nouvelles questions : le conflit dans les Balkans, l’écologie, l’aide aux réfugiés etc. Avec la chute du Rideau de fer, de nouveaux partenariats se créent. Parallèlement, les échanges Nord-Sud rencontrent un vif intérêt. Au milieu des années 90, le SCI se réorganise. Puis il définit un programme stratégique pour les années 2004-2009. Les discussions autour de la démocratie et de l’efficacité au sein de la structure, de la portée du travail pour la paix et du rôle du SCI animent sans cesse le mouvement, en constante évolution.

Près de 60 mètres d'archives, de posters, de photos et de documents sur l'histoire du Service civil international sont entreposés dans la bibliothèque de La Chaux-de-Fonds (Suisse) et peuvent y être consultés depuis 1920.

Plus d’infos également sur l’histoire et le mouvement du SCI.

 

 

PIERRE CERESOLE,
Fondateur du Service civil international

Pierre Ceresole est né en 1879 à Lausanne dans une famille aisée et consacrera sa vie à la paix.

Peu intéressé par le confort, il préfère partir à la découverte du monde. Son voyage aux Etats-Unis, en 1910, est à l’origine de ses premières prises de conscience de l'injustice sociale. Pour pouvoir continuer à voyager, il vit de petits boulots et part au Japon. Soucieux d’aider son pays, il revient en Suisse en 1914 lorsque la guerre éclate en Europe.

Choqué par l’utilisation que la guerre fait des hommes, il rejoint le groupe des « Objecteurs de conscience chrétiens ». En 1919, il rencontre les membres du Mouvement international de la réconciliation (MIR).

Il décide de se consacrer concrètement à la paix et part à Esnes près de Verdun avec d’autres Européens pacifistes. Ces 5 mois apprennent à Cérésole « la technique du travail de paix ». Il crée le SCI en 1920, dont les volontaires viennent dans un premier temps aider sur les lieux de catastrophes naturelles. Dans son esprit, le SCI a également pour vocation de proposer une alternative au service militaire obligatoire.

Dans les années 1930, il participe aussi à la reconstruction de villages en Inde, dans une zone touchée par un violent tremblement de terre. Il est proche de la pensée de Gandhi, qu’il rencontre à plusieurs reprises et dont il est l’interprète lors d’une visite du Mahatma en Suisse, et s’engage chez les Quakers. Il s’inspire également des idées du philosophe américain William James (pragmatisme) et du philosophe Emmanuel Mounier (personnalisme). A Zürich, il devient secrétaire du Centre Suisse pour la paix, et continue de consacrer beaucoup de temps au SCI, qu’il considère comme « une partie de lui-même ».

Pendant la 2ème Guerre Mondiale, il est emprisonné pour avoir divulgué une circulaire interdite à la publication et stipulant « les articles et commentaires insistants sur les horreurs de la guerre pour en montrer le caractère inhumain, anti-chrétien et anti-social, sont interdits », et pour avoir tenté de passer clandestinement en Allemagne. Il meurt en 1945.

Un site sur son oeuvre

SCI ET L’OBJECTION DE CONSCIENCE EN FRANCE

Employé pour la première fois pour décrire Gandhi et ses « disciples », le terme « objecteur de conscience » a pris un sens plus restrictif face à la conscription militaire obligatoire : « celui qui, avant son incorporation, se déclare, en raison de ses convictions philosophiques ou religieuses, opposé en toutes circonstances à l’usage des armes ».

Depuis sa création en 1920, le SCI soutient les objecteurs de conscience puisque son fondateur, Pierre Cérésole, avait dès le départ pour objectif la promotion d’une forme de service volontaire de paix. Le SCI accueille d’ailleurs des objecteurs « en insoumission » sur ses chantiers.

« Le 15/02/1963, un accord est signé entre le ministère de la Justice et l’organisme de gestion COTRAVAUX. Cette première convention permet aux jeunes gens réfractaires au service militaire (et incarcérés pour ce motif), de quitter le camp pénitencier de Mauzac (Dordogne) et de travailler sur le chantier de Pressignac sous la responsabilité de COTRAVAUX et sous la direction de l’association SCI International. » (dossier du Comité de Coordination du Service Civil / CCSC )

21/12/1963 : adoption du statut des premiers objecteurs de conscience par l’Assemblée nationale. Le service civil destiné à « compenser » le service militaire, selon le principe de l’égalité, peut être effectué « soit dans une formation militaire non armée, soit dans une formation civile assurant un travail d’intérêt général ». Au total, 75000 jeunes Français en bénéficieront.

En décembre 1967, le comité national du SCI branche française décide que les objecteurs intégrés au sein d’un groupe du SCI deviennent membres de plein droit de l’association.
Le SCI devient rapidement l’une des associations ayant le plus de légitimité auprès des objecteurs et des autorités françaises et il accueillera des objecteurs de conscience jusqu’en 2002.

2002 : fin de la conscription et donc du statut d'objecteur de conscience en tant qu'alternative au service militaire

L'objection de conscience sur Wikipedia


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