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Le groupe a pour but de faire des échanges
d’expériences sur le développement entre
les femmes, en Afrique et en France.
Né en 1976, le groupe comprend une dizaine de membres
en France et se réunit une fois par mois à Paris.
Il prépare des voyages réguliers en Afrique
pour travailler avec des groupes de femmes au Togo, au Bénin,
au Burkina Faso.
Les activités se déclinent sous plusieurs
formes en alternance :
- Organisation de « rencontres de femmes »
dans l’un des pays africains partenaires sous forme
de mini-chantiers qui regroupent des déléguées
des groupements de femmes. Ces rencontres alternent entre
travail concret dans le village des femmes qui accueillent
et séances de réflexion et d’échanges
sur les expériences de développement (tous les
3 ou 4 ans).
- Visites aux amies dans leurs villages par les membres du
groupe Femmes et Développement (chaque année).
- Invitation de déléguées des femmes
africaines en Europe, accueillies par des familles en France
(tous les 3 ou 4 ans).
- Réalisation du journal de liaison « Rencontres »
envoyé à tous les partenaires en France et en
Afrique (deux ou trois fois par an).
- Correspondance avec les amies africaines pour alimenter
les articles du journal (régulièrement).
Fabrication de jus de pomme artisanal et biologique (près
d’Angers) pour financer les activités (chaque
année).
- Réunions mensuelles du groupe parisien et lien par
courrier ou téléphone avec les membres en province.
Exemple d'une action du groupe Femmes et développement
: « Remue-méninges » dans le
Saumurois en août 2008 :
Le 23 août 2008, à l’initiative du groupe
Femmes et Développement (F&D) du Service Civil
International (SCI) et de Peuples Solidaires Saumur (PSS),
des associations saumuroises (1) et quelques personnes de
bonne volonté de la région ou venant de fort
loin se sont jointes aux participantes du « chantier
ratatouille » du groupe F&D, elles-mêmes
membres de diverses associations (2), et à leurs hôtes
de la Morelle pour une journée de réflexion
sur le thème : « Comptons sur
nos propres forces ».
Cette rencontre, dite deuxième degré,
faisait suite à celle de l’an dernier qui avait
eu pour thème : « Femmes, argent et
développement » où on avait souligné
l’importance :
- de créer des lieux, des moments de discussion, d’échanges
entre personnes qui n’ont pas l’habitude de se
rencontrer (tels les forums sociaux locaux),
- de lutter contre les modèles de penser et de consommer
ambiants (véhiculés par les média et
son propre entourage),
- d’être attentif à tous et de proposer
des activités où chacun a un rôle et participe
activement aux prises de décisions,
- de faire connaître des expériences positives.
Mais comment mettre en pratique ces bonnes résolutions ?
Pour cela, nous avons tenté de répondre à
la question : « Quelles forces émergent
qui nous permettraient de construire une société
plus juste où tout le monde aurait sa place »,
à partir de l’analyse d’expériences
vécues récemment par l’un ou l’autre
des participants, expériences individuelles ou collectives
qui nous semblaient susceptibles de modifier notre propre
façon de penser, de vivre, ou la mentalité des
gens, voire de la société. Cette analyse a également
essayé de voir les limites ou les obstacles au succès
des actions décrites.
Nous avons ainsi examiné :
- les efforts faits par des néo-ruraux pour s’intégrer
dans la vie d’un petit village,
- le fonctionnement de 2 AMAP et d’un SEL,
- l’émergence d’un RESF en région
parisienne,
- le fonctionnement d’une boutique de vente de produits
du commerce équitable,
- la naissance de Peuples Solidaires à Saumur…
A partir de ces exemples qui nous ont encouragé dans
notre conviction que nous allions changer le monde, quelques
points ont retenu notre attention qui devraient permettre
à nos efforts de porter plus de fruits :
L’importance d’activités ponctuelles simples,
qui touchent le plus grand nombre et qui, intégrées
dans un processus à long terme et éducatif :
- permettent de faire tomber la peur de celui qui est différent
par son mode de vie, sa culture, ses convictions (l’écolo,
l’étranger, le militant…)
- permettent de faire progresser la réflexion, de l’élargir
et d’orienter vers un engagement citoyen.
Ainsi, dans une AMAP (association pour le maintien d’une
agriculture paysanne), on devient adhérent pour différentes
raisons : avoir des légumes frais, biologiques,
pour soutenir des paysans… Les lieux et moments
de rencontre imposés par le fonctionnement créent
des liens à long terme. On apprend à connaître
l’agriculteur (démystification), ses motivations
et ses difficultés. On est amené à réfléchir,
par exemple sur le fonctionnement des banques qui orientent
les investissements et donc la société dans
laquelle on vit (soirées d’information). On est
sensibilisé à d’autres modèles
( le cautionnement solidaire qui permet d’échapper
aux normes économiques en vigueur ou à la pression
familiale) et on peut ainsi devenir un consommateur conscient
et responsable.
Dans le réseau RESF (Réseau éducation
sans frontières) : on y participe parce qu’on
ne veut pas que le camarade d’école de son enfant
soit arraché à l’école. Mille
activités ponctuelles sont alors possibles qui s’inscrivent
dans un processus à long terme et qui dépendent
de la sensibilité de chacun : signer des pétitions,
récolter des fonds dans une brocante, accompagner un
parent étranger à la préfecture…
On peut aussi parrainer un enfant et alors, on entre en contact,
durablement, avec une famille étrangère. On
découvre, avec joie, une culture différente
et on se pose des questions sur la politique d’immigration,
les inégalités Nord-Sud…
Les jeunes qui veulent découvrir le monde
peuvent faire un chantier dans le tiers-monde avec le
SCI : après une formation, ils découvrent d’autres
cultures ainsi que les problèmes qu’entraînent
concrètement la mondialisation de l’économie
libérale et peuvent s’engager à leur retour
dans des actions de sensibilisation ici…
C’est le phénomène du papillon :
Un battement d'aile peut changer la face du monde …
La force des réseaux d’individus, l’importance
de l’articulation des actions entre associations
ayant des buts proches mais des sensibilités ou des
modes d’action différents : les actions
ponctuelles faites collectivement apprennent à se connaître
et à envisager des actions collectives à plus
long terme ou des partenariats.
Ainsi, à Saumur, la semaine de la solidarité
internationale, qui existe depuis plusieurs années,
regroupe une trentaine d’associations qui collaborent
maintenant tout au long de l’année.
Pour que le plus grand nombre s’engage, la sensibilisation
est nécessaire. Mais cela est très difficile
à cause de la pensée unique véhiculée
par la société, les média qui n’ont
aucun rôle éducatif mais créent un état
d’esprit (en martelant : la première préoccupation
des Français est la baisse de l’impôt,
l’immigration, le pouvoir d’achat…). Dans
ce domaine, l’attitude personnelle des militants
est importante : prendre le temps de réfléchir,
de se forger des convictions, de vivre en accord avec ses
idées, d’avoir un optimisme volontaire et pourquoi
pas d’avoir une attitude de veilleur pour lancer
une action ponctuelle au bon moment, de lanceur d’alerte
(comme il en est apparu dans les domaines des OGM, du nucléaire,
de la mise sur fichier ou sous surveillance de la société…)
qui par des actions symboliques, des gestes citoyens, oblige
le public à se remettre en question.
C’est ainsi qu’à Saumur, l’association
Peuples Solidaires est née à la suite d’un
jeûne de 24h en place publique, ou que la marche pour
la libération d’Ingrid Bétancourt a mobilisé
un large public.
Les changements nécessaires pour construire une société
plus juste sont des changements de mentalité, donc
des processus à long terme. Pour que les actions entreprises
soient durables, quelques conseils simples mais essentiels
:
- être attentif à la convivialité :
le militant, le sympathisant est le bien le plus précieux !
- faire des évaluations de l’action
entre initiateurs pour mettre en évidence les rôles
de chacun, différents mais tous indispensables, ce
que l’action a apporté à chacun, même
si ça n’était pas le but recherché
initialement,
- faire de même avec l’ensemble des participants
pour orienter l’action en s’appuyant sur
leurs propres potentialités et dynamiser ainsi
les forces vives,
- partager les tâches et faire confiance, raisonnablement,
aux nouveaux arrivants,
- souvent, l’innovation est facilitée par l’intervention
d’éléments extérieurs, par un regard
vers l’extérieur : alors, pourquoi fermer les
frontières ?
Quelques phrases surgies pendant ce week-end
de réflexion :
- Changer le monde est urgent mais c’est un travail
à long terme.
- Le développement, c’est garder les pieds dans
son village et regarder le monde.
- Une action concrète et de la force de conviction
pour faire du sympathisant un citoyen, un résistant.
- Gandhi : « C’est l’action et
non le fruit de l’action qui importe. Vous devez faire
ce qui est juste, (même si) vous ignorez ce qui résulte
de votre action. Mais si vous ne faites rien, il n’en
résultera rien ! »
(1) La Viva, Artisans du Monde, Peuples Solidaires, Emmaüs,
le SEL, les AMAP de Saumur et de Varenne sur Loire
(2) Tierra Viva, RESF Montreuil et les Ulis, le SCI
Bibliographie :
« L’horreur économique »
de Viviane Forrester
« L’empire de la honte » de Jean
Ziegler
« Entre mondialisation et décroissance,
l’autre Afrique » de Serge Latouche
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